Un Noé des temps modernes, un déluge de talents...

... Bienvenue dans l’Arche de Michel Bassompierre, Sculpteur animalier


"Les animaux sont, entre nos mains, le gage du paradis perdu."

Léon Bloy


Eliora Bousquet : Bonjour Michel. J’ai découvert vos œuvres à travers cette photo, qui m’a profondément émue, notamment par la douceur de votre regard plein de compassion embrassant celui d’une de vos créations. Comment et à quelle période de votre vie vous est venue cette passion pour la sculpture animalière ?

Michel Bassompierre : Je ne sais pas si l'on peut parler de période… car depuis tout petit j’ai eu cette attirance pour la sculpture. Je suis né d’un père scientifique et d’une mère artiste, ce qui a sans aucun doute eu une influence. Notamment parce que mon père avait ses entrées au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris. J’ai donc très vite pu observer les différents squelettes des animaux. Par ailleurs, mes grands-parents qui vivaient à la campagne possédaient des chevaux de trait qui m’ont toujours impressionné par leurs formes bien rondes et leurs postures.


Eliora Bousquet : Les gorilles, ours, éléphants et chevaux semblent être vos animaux favoris. Les trois premiers, représentant symboliquement "la force" sont - contradictoirement - des espèces menacées et donc, en un certain sens, affaiblies. Quant aux chevaux, l’actualité démontre qu’ils sont aussi malheureusement en danger. D’où vous vient cette fascination particulière pour ces quatre espèces ?

Michel Bassompierre : Je pense que cela vient du fait que je suis sculpteur et animalier à la fois.

J’aime les formes bien rondes de ces quatre espèces. Vous remarquerez que ce ne sont pas des éléphants d’Afrique mais d’Asie, des chevaux de traits et non de selles, des gorilles et non des chimpanzés, des ours bruns et non des grizzlis. Ce qui m’attire dans ces quatre espèces, c’est leur rondeur et leur force paisible. Ils n’ont pas besoin d’être agressifs. On sent leur puissance naturelle. J’aime travailler les ours car ce sont des animaux aux positions très variées. C’est moins le cas avec les trois autres espèces.

Eliora Bousquet : En dehors de votre technique parfaite, de la précision du geste, de l’incroyable justesse des proportions, c’est l’ATTITUDE des animaux que vous sculptez qui m’attire le plus, me captive et me bouleverse. Dans votre univers, tout n’est que douceur, tendresse, bienveillance et compassion. En dehors des chevaux, les animaux que vous sculptez ne sont pas familiers au sein de l’hexagone. Vous inspirez-vous, avant de les sculpter, de photos ou vidéos d’animaux en situation réelle ? De croquis réalisés dans des parcs animaliers ? Ou bien d’images qui vous viennent à l’esprit, en Créateur que vous êtes ? Réalisez-vous des croquis ou maquettes avant de sculpter vos modèles grandeur nature ?

Michel Bassompierre : L’animal n’est pas agressif ; bien au contraire il a le plus souvent des moments paisibles. Il peut devenir agressif s’il se sent en danger ou pour protéger ses petits.

Avant de sculpter, le plus souvent je m’attèle aux croquis - même si parfois, réaliser directement en 3d est plus simple - il faut que la morphologie soit juste et donc j’étudie la façon dont l’animal s’articule. Si le dessin n’est pas en accord avec l’animal cela donne ce que j’appelle "une sculpture molle". Pour moi on doit ressentir le dessin sous la sculpture. J’ai observé des heures et des heures durant et réalisé des tonnes de croquis dans les parcs animaliers, autrefois. Maintenant je m’inspire de vidéos, je ne créé jamais à partir de photos, ça fausse l’image de la posture de l’animal.

Eliora Bousquet : Michel, c’est le prénom de l’Archange qui a vaincu le démon, qui a fait en sorte qu’ici-bas, le Bien soit plus fort que le Mal. Dans un monde qui semble souvent partir à la dérive sur le plan écologique, où la nature et la faune qu’elle abrite sont dangereusement mis à mal, avez-vous un message à faire passer au public et plus particulièrement aux jeunes générations ?

Michel Bassompierre : Je dirais simplement qu’il faut voir l’animal comme son semblable. La vie d’une fourmi devrait avoir la même valeur que celle d’un autre être vivant y compris celle d’un homme.

Eliora Bousquet : Entièrement d'accord avec cette belle philosophie ! Michel, plus d’une quinzaine de galeries vous représentent dans le monde. Où est-il possible d’admirer votre travail en France, notamment sur la région nantaise, où vous résidez, et à Paris ?

Michel Bassompierre : Mes œuvres ne sont pas exposées en région nantaise, par manque de clientèle, mais l’on peut voir mes sculptures à la Baule ou encore sur l’île de Ré. A Paris, je travaille actuellement avec deux galeries, une à Montmartre et une, rue de Rivoli à côté du musée du Louvre. En France, il est également possible de voir mon travail en permanence dans les galeries de Dinard, Honfleur, Lyon, Toulouse, Arcachon, Courchevel, Megève, Chamonix, St-Tropez, St-Paul-de-Vence, Pont-Aven et Cannes.

Eliora Bousquet : Merci beaucoup, Michel, d’avoir partagé avec moi votre passion et d’apporter, grâce à votre talent, à votre vision et à votre générosité d’Artiste, un peu plus de douceur à notre monde. J’invite tous les lecteurs de mon blog à découvrir votre univers et vos principales œuvres sur votre site internet : www.bassompierre.fr

Sources :

  • Photographie (c) Gaël Arnaud

  • Video (c) Michel Bassompierre / Youtube