Artiste-Peintre à l’heure du web 2.0/3.0… un métier "multi-casquettes" !


Quand vous rencontrez une personne et lui dîtes que vous êtes Artiste-Peintre, elle vous demande presqu’invariablement : "C’est votre métier ou votre passion ?"

Que l’on soit artiste-peintre amateur ou professionnel, la peinture est TOUJOURS une passion. Mais c’est aussi un VRAI MÉTIER, nécessitant de plus en plus de compétences, en dehors même de la peinture, que l’on soit professionnel… ou amateur !

En effet, le travail de l’artiste-peintre qui consistait essentiellement, jusqu’au siècle dernier, à peindre, exposer ses œuvres au sein de galeries et de salons et mener des opérations de relations publiques, nécessite, depuis la montée en puissance toujours plus rapide du digital, et notamment du e-commerce et des médias sociaux, d’avoir un plus grand nombre de cordes à son arc.

Avoir du talent pour peindre et dessiner, c’est bien… mais cela ne suffit plus. Il faut aussi avoir des compétences en matière de communication, gestion de sites web, référencement, gestion administrative, comptabilité, fiscalité, juridique, sans oublier la maîtrise de quelques logiciels de PAO.

Bref… l’artiste-peintre - surtout s’il travaille "en direct" - c'est-à-dire sans être représenté par des galeries - exerce aujourd’hui, en plus de la peinture, un travail dont peu de gens s’imaginent combien il est chronophage, quoique passionnant.

Quelles sont donc les compétences distinctives qu'un artiste-peintre doit avoir pour valoriser et vendre son travail à l'heure en ce début de XXI° siècle ?


Domaine artistique :

  • Peindre… si possible comme personne d’autre auparavant ; avoir un style, le cultiver, l’améliorer ;

  • Apprendre, en s'exerçant toujours plus, car la création, si elle est un "éternel recommencement", est aussi un effort permanent ;

  • Connaître le symbolisme des formes et couleurs, notamment lorsque l’on expose dans d'autres pays, où la signification est parfois totalement différente et peut donc prêter à confusion ;

  • Avoir un minimum de connaissances en matière d’histoire de l’art (principaux mouvements, périodes, figures représentatives,…);

Marketing :

  • Savoir se positionner en tant qu’artiste, pour se démarquer de la concurrence, toujours plus vive sur internet ;

  • Savoir déterminer son marché et ses cibles ;

  • Savoir définir ses prix de vente ou, pour plus de fiabilité, demander à un expert de le faire, en fonction du marché de l'art contemporain ;

  • Savoir élaborer son mix-marketing ;

  • Savoir mettre en place des actions de marketing direct pour prospecter des clients potentiels, puis fidéliser sa clientèle captive, ;

  • Savoir effectuer une veille sur son marché (concurrence directe et indirecte, tendances artistiques,"consommation de l’art", notamment usages des internautes en matière d’achat de tableaux, de requêtes lancées sur les moteurs de recherche,…) ;

Communication et relations publiques :

  • Savoir comment créer sa marque, son identité visuelle/sa charte graphique ;

  • Savoir déterminer ses cibles de communication ;

  • Savoir construire et gérer son plan média, l’achat d’espace publicitaire ;

  • Savoir créer ses propres supports de communication/promotion (en tous cas si l’on pas les moyens de s’offrir les services d’un graphiste professionnel) : flyers, brochures, videos, produits dérivés,…

  • Savoir retoucher et recadrer les photos de ses œuvres ;

  • Savoir réaliser des campagnes de publicité en ligne (réseaux sociaux, Google Adwords,…) et de mesurer les retombées ;

  • Savoir construire et gérer un fichier presse, rédiger un communiqué et un dossier de presse, connaître les délais de bouclage des différents supports ;

  • Savoir s’exprimer en public ;

  • Connaître les rouages du monde des médias : que dire, comment, à qui, quand, pourquoi, comment gérer les questions pièges… bref… suivre une formation de média training pour éviter - autant que faire se peut - les "bad buzz" ;

  • Sortir souvent mais de façon ciblée, visiter les musées et expositions d’autres artistes, se tenir informé de l’actualité culturelle, développer son réseau ;

Commercial :

  • Savoir bâtir son offre et la défendre ;

  • Savoir négocier les tarifs de ses fournitures ou les coûts de location des espaces sur les salons (cela est souvent possible lorsque les dates limites d’inscription sont proches) ;

  • Savoir démarcher des clients potentiels (notamment les entreprises, dans le cadre de la location d’oeuvres, par exemple) ;

  • Savoir chercher des partenaires et d’éventuels sponsors ;

  • Savoir négocier, si besoin, les contrats avec les galeries, marchands d’art, notamment dans le cas particulier où vous gérez en direct un certain nombre de prestations (ex : communication, traduction et réalisation des supports,…) ;

Web et informatique :

  • Savoir utiliser correctement un CMS (outil de gestion des contenus) et toutes ses fonctionnalités éditoriales et e-commerce ;

  • Savoir traiter le référencement naturel de son site pour être positionné le mieux possible sur les moteurs de recherche, utiliser au maximum les règles de sémantique du web 3-0;

  • Savoir alimenter ses pages de contenus à valeur ajoutée (originaux et suscitant de l’intérêt) , sur les réseaux sociaux ;

  • Savoir concevoir dans les règles de l’art, diffuser, tracker et analyser ses campagnes d’emailing (newsletters) ;

  • Savoir utiliser les outils de veille et d’analyse (Google Analytics, Google Alerts,…) ;

  • Savoir faire évoluer ses outils (mises-à-jour, nouvelles fonctionnalités,….) pour s’adapter à l’évolution des technologies et usages des internautes (responsive design, web-2-store,…) ;

Gestion de projet :

  • Savoir organiser ses expositions de A à Z en respectant les contraintes, de temps et de budget (notamment) ;

  • Savoir briefer et encadrer les prestataires, si l’on délègue certaines missions, être capable de contrôler le travail réalisé, de demander des corrections s’il ne correspond pas au cahier des charges ;

  • Savoir analyser les retombées des actions menées lors de chaque évènement avec une vision d’amélioration "agile" ;

Comptabilité :

  • Savoir élaborer son business plan ;

  • Savoir établir et gérer son budget prévisionnel/réalisé ;

  • Savoir gérer les devis, les commandes, les factures clients, les factures d’avoir (en cas de retour de tableau abîmé par exemple, puisqu’il est impossible de remplacer une œuvre "unique" en son genre) ;

Administratif :

  • Savoir effectuer toutes les démarches pour créer sa société ;

  • Savoir déposer sa marque à l’INPI ;

  • Savoir gérer la logistique (transport et assurance des œuvres) ;

  • Savoir établir les déclarations en douanes ;

  • Savoir traiter le service clients (réponses aux demandes des internautes via le site internet ou les réseaux sociaux, réponses aux demandes des clients,…)

Langues vivantes :

  • Savoir s’exprimer correctement en anglais pour pouvoir exposer à l’international ;

  • Savoir négocier avec les galeries, bien comprendre les termes des contrats ;

  • Savoir répondre aux questions des clients potentiels lors des expositions,…

… Vous faites-vous désormais une meilleure idée du métier d’Artiste-Peintre ?

Bien entendu, en dehors du travail de création artistique, il est toujours possible de sous-traiter l’ensemble de ces missions à des prestataires spécialisés. Mais, comme évoqué dans l’article "Peindre et exposer, combien ça coûte ?" , cela est parfois difficile. On a beau être artiste - et donc un peu bohême, la tête en permanence remplie d’idéaux et d’idées de création, il faut garder sans cesse les pieds sur terre : la notion de rentabilité, de retour sur investissement, existe bel et bien.


Le métier d’Artiste-peintre est devenu si complet et si complexe, qu’il s'apparente aujourd'hui en tous points au travail d'un entrepreneur.

Eliora